mardi 20 mars 2012

1996

Odette et moi, au Mas de Rey pendant les rencontres de la Photo en Arles lors du marquage des jeunes taureaux.

J'ai suivi les rencontres internationales de la Photo d'Arles depuis le début et j'ai été invité dans les meilleures conditions car La Marseillaise avait une grosse diffusion en Arles et dans la région. Mon point d'attache était le bel hôtel Arlatan dont le propriétaire était Mr Dujardin, mort en voiture d'une crise cardiaque.
J'ai pu rencontrer les plus grand photographes dont Brassaï, etc... J'avais en Arles de bons rapports avec Michel Vauzelle, alors adjoint à la culture du maire communiste, qui jouait un grand rôle dans les rencontres. Notre point de réunion était le merveilleux restaurant L'affenage, qui existe toujours.

lundi 5 mars 2012

1938

Avec Lazare Goldzahl, on va en vélo à St Nizier dans le Vercors, où on campe.

1939 leçon de mathématiques avec le mathématicien Russe Bilorevsky.

1940 au Lycée Thiers avec Pierre Barbizet je passe le double bac Philo et Maths.

1941 chantier de jeunesse: j'avais demandé Chamonix, on m'envoie à Gap Charance. Au bout de deux mois j'en pars volontairement pour Marseille et St Sever. Mais entretemps je m'inscris à la faculté des lettres d'Aix en Provence pour une double licence Philo et Anglais, je suis inscrit aussi à la Faculté de Droit d'Aix, elle se tenait face à la Cathédrale.
Au cours de deux ans, en courant d'une fac à l'autre, il m'est peu retenu de mes souvenirs sinon des merveilleux cours en droit constitutionnel du Professeur Trotabas.
En 1942 j'ai assisté à la demande des "Gaullistes" à une opération qu'ils avaient monté pour la visite de Philippe Pétain. Celui-ci devait arriver habillé d'une grande toge noire. Un étudiant s'approcha habilement de lui et à l'aide d'une épingle de nourrice il ficha sur la toge un papier où était écrit "à mort Pétain". Celui-ci fit ainsi une cinquantaine de mètres jusqu'à l'entrée où un gendarme arracha le papier.
C'est à Aix durant le printemps 43 que sur l'indication des "Gaullistes" nous partîmes un beau jour pour le maquis.

vendredi 20 janvier 2012

vendredi 6 janvier 2012

La révolution des Oeillets, Portugal 1975


Une vue des grandes manifestations à Lisbonne en 1975, qui ont abouti à la chute de Salazar


Les oeillets au bout des fusils


Helena, professeur de Philo et militante, avec un journaliste de L'Humanité

Alpinisme


L'arête de Cassis à la Grande Candelle 
(1970)




Le refuge d'envers des aiguilles, au dessus de la mer de glace, photo prise par Lionel Terray. (1970)

Discussion avec l'abbé Savalli, curé de Carry le Rouet

En prélude à notre entrevue du samedi 31 décembre:

Plus que la violence directe, on trouve dans les faits divers, les faits de société, un bon marché de la vie. Ils ne veulent pas tuer des humains, ils veulent tuer la vie. Le nazisme en avait fait son étendard. La tête de mort sur le képi des SS. Ces types de véhiculisation sont des instruments utilisés dernièrement lors du 11 septembre 2001 à New-York. Ce fait historique, la négation de la vie, pose une question: comment est-elle possible dans la situation chrétienne ?
André Malraux a dit: "les civilisations à venir seront sacrées ou ne seront pas". Je peux concevoir le sacré, un fait consenti dans la pensée mais qui ne doit pas aller au delà de sa conception provisoire dans le temps.
Je suis pour le dépassement de soi à partir de sa propre réalité. Donc je véhicule l'immanence. Mais comment pourrais-je concevoir la transcendance ? "Celui qui croyait au ciel et celui qui n'y croyait pas" (Aragon). La réponse à mes yeux peut être dans la foi.
La foi, un acte d'une volonté sublimée et sublime. En fonction de ce "bon marché de la vie", comment les chrétiens peuvent ils vivre de nos jours ?


Après l'entrevue, les questions que je posais à l'abbé Savalli, je me les posais à moi-même. On est toujours son propre regard comme le soulignait Pascal, au travers de ses réflexions contraires, Spinoza au travers d'un très long échange, Platon par ses dialogues apocryphes et Augustin par ses fausses confessions.
Ceci pour la forme. Reste le contenu.


La réponse ou les réponses: 
lui par la foi et moi par l'exercice donné et dit par la raison.
Mais peut-être lui aussi par un exercice de la raison et moi par la foi, la foi en l'homme.

vendredi 9 décembre 2011

Souvenirs de guerre (2)

1943- Juin.

Sur les indications de nos amis étudiants gaullistes d'Aix-en-Provence, Lazare et moi partons pour les Cévennes. Le père de Lazare Goldzahl, un ébéniste palestinien, juif Eskénazé, venait d'être arrêté par la milice à la gare de Marseille et déporté. Lazare me dit: "Robert, il faut leur faire payer à ces bandits de nazis!"
Nous sommes donc allés dans les Cévennes à la Couvertoirade, l'adresse était bonne et nous avons été reçus par le commandant Barraud, commandant d'active qui avait regroupé sous l'égide de l'armée secrète (AS) une dizaine de jeunes, c'était son maquis. Il avait semble t'il remonté un canon de 75. Son premier souci était de nous donner une base militaire, c'est à dire marcher au pas.
Deux ou trois mois après notre départ, les allemands sont intervenus et des jeunes ont été tués et lui tué à sa pièce.
Au cours de ces pénibles journées nous avont appris l'existence d'un autre maquis.
A St Etienne Vallée Française et Florac, c'était un maquis MLN (mouvement de libération nationale), d'inspiration socialiste et recevait de nombreux parachutages anglais. Gaston Deferre a participé à cette organisation clandestine qui devait beaucoup aux protestants du Gard.
Nous sommes donc allés chez les MLN, mais très vite des mineurs du bassin minier d'Alès nous ont contactés: "Venez chez nous, nous nous battons".
C'est ce que nous avons fait en emportant quelques armes et notamment des mitraillettes Sten dont il regorgeait. Chose apparemment curieuse, c'est la gendarmerie qui a procédé au transfert.
Là effectivement nous sommes entrés dans ce maquis franc-tireurs et partisans Français (FTP) dans l'action armée contre la milice. Tout d'abord à laquelle nous avons pris des Traction avant Citroën. J'ai une photo au volant de l'une d'elles avec une mitraillette Allemande Radom sur les genoux.
A partir d'Alès et les environs je retournais à Aix-en-Provence où je poursuivais mes études. Lazare est resté à Florac où il rêvait de tuer tous les miliciens et autres. Son père était un palestinien en France depuis vingt ans, remarquable ébéniste installé à coté de la rue de la République à Marseille.
En 1943, Pétain avait institué l'étoile jaune pour les juifs. Nous avions dit au père de Lazare de ne jamais mettre cette étoile. Il la portait malgré tout et fut arrêté par la milice à la gare St Charles et déporté, ce qui explique la fureur de Lazare.



Me voici avec la Traction prise à la milice. De dos à droite un officier soviétique qui avait été parachuté pour intervenir dans les maquis Français.